Kathina est une cérémonie très importante et très significative dans la tradition du Theravada. Avant d’expliquer la signification du terme Kathina, je voudrais vous expliquer l’origine de cette pratique. Parce que cette cérémonie constitue une action très significative et très méritoire dans les pays Bouddhistes Theravada.
Voici l’origine de cette cérémonie :
Dans la période de prédication du Bouddha, même de nos jours, l’Inde était un pays culturellement très diversifié, ce n’était pas seulement un pays dans le sens conventionnel du terme, mais un Sous-continent. Nous pouvons vous donner des explications sur l’Inde afin d’éclairer votre lanterne. Pour comprendre vraiment un peu la société indienne, une visite sur place s’impose au moins une fois dans votre vie. Après vous pourrez comprendre pourquoi les Bouddhas naquirent en Inde.
À l’époque du Bouddha il y avait six maîtres religieux contemporains principaux. Le plus important d’entre eux était Nigantha Nathaputta (le Jaïn Mahavîra). Son école religieuse prônait la non-violence de façon extrême. (En effet, le Jaïnisme est encore de nos jours divisé en deux sectes principales : les Shvetambara et Digambara. Les ascètes Digambara se promènent complètement nus et les Shvetambara portent juste un tout petit morceau de tissu pour cacher leur sexe. En fait le Jaïnisme prône le végétarisme pur et ses adeptes, au nombre de plusieurs millions, quand ils marchent sur une allée, utilisent une balayette devant eux pour écarter de leur promenade tout insecte ou animalcule afin d’éviter de nuire à ou tuer des êtres vivants, même invisibles. Ils utilisaient même un masque pour éviter d’avaler par inadvertance des insectes. Le fait que les Digambara soient nus n’a rien à voir avec les désirs sexuels, mais avec le détachement vis-à-vis des parures qui rendent le corps attirant)
En effet, selon le Jaïnisme, même le fait de tuer un être vivant de façon non intentionnelle génère du karma négatif.
Avec le développement de l’enseignement du Bouddha en Inde au 6ème siècle avant l’ère chrétienne la plupart des rois et des personnes riches ou encore le bas peuple au sein de la société commencèrent à respecter les disciples et les enseignements du Bouddha, c’est-à-dire les Quatre Nobles Vérités, la loi du kamma et les trois caractéristiques permettant de comprendre la nature de l’être humain et enfin la pratique de l’amour bienveillant (metta) ainsi que de la compassion (karuna). Et aussi la Voie du Milieu et le rejet du système des castes par le Bouddha.
Avec tous ces changements d’orientation religieuse et doctrinale les Jaïnas n’étaient pas satisfaits de cela, car la plupart des personnes importantes se tournaient vers les enseignements de Bouddha afin de trouver une solution à leurs problèmes personnels et les Jaïnas perdaient des adeptes au bénéfice de l’enseignement du Bouddha.
De ce fait de nombreux Jaïnas critiquaient sévèrement Gautama Bouddha et ses disciples en disant ceci par exemple :
« Les disciples du Bouddha ne respectent pas les herbes qui commencent à pousser après la saison chaude. Ils accusaient les disciples du Bouddha de commettre de mauvaises actions en tuant les herbes.
Parce que les disciples effectuaient leur ronde de collecte de nourriture une fois par jour le matin en marchant sur de l’herbe qui commence à pousser. Les disciples Jaïnas critiquaient sévèrement ces actions qu’ils considéraient comme dé-méritoires.
Le Bouddha n’a jamais prôné une doctrine de non-violence extrême. Il a encouragé ses disciples à cultiver du Punya Kamma (kamma méritoire) en évitant de faire violence ou de tuer des êtres vivants, hommes et animaux confondus. Bouddha a simplement enseigné que les bonnes pensées, paroles et actions génèrent un kamma favorable et positif tandis que les mauvaises pensées, paroles et actions génèrent un kamma défavorable et négatif. Ceci dit, dans le cas d’un meurtre d’un être vivant non intentionnel, contrairement à Nigantha Nathaputta, le Bouddha a enseigné qu’en l’absence d’une volition (cetana) le meurtre accidentel d’un être vivant ne génère point de kamma.
Mais Bouddha a aussi écouté avec discernement et tolérance les critiques des Jaïnistes à son encontre et par la suite en conséquence il imposa une règle à ses disciples pendant la période de la saison des pluies. Il a demandé à ses disciples moines de demeurer au monastère en pratiquant ses enseignements ainsi que la méditation Vipassana afin de développer l’introspection intuitive dans les trois caractéristiques de l’existence, c’est-à-dire Anicca (l’impermanence), Dukkha (l’insatisfaction et la souffrance) et Anatta (le non Soi). Pendant ces trois mois de retraite, les disciples emmènent des repas au monastère pour les offrir aux moines. C’est aussi une bonne occasion pour les fidèles de respecter les disciples du Bouddha qui pratiquent le Dhamma et la méditation.
Même en respectant correctement cette discipline du Bouddha pendant trois mois (à partir de la pleine lune de Juillet jusqu’à celle d’Octobre), après les trois mois de retraite effectuée par les moines, les fidèles peuvent, selon leurs moyens, offrir des robes aux moines qui ont scrupuleusement respecté le Vassa. Une robe est offerte au Sangha par des fidèles laïques, car c’est une action très méritoire et c’est le Sangha qui décide lui-même de la manière dont cette robe offerte va être distribuée à un moine choisi par le Sangha.


