Centre Bouddhique International

Le Bourget - France

Revue 2020

 Samadhi Bouddha Statue - Anuradhapura - Sri Lanka  IV-Ve Siècle

#2 - Le Dhamma et la science 

 
 
     Soit un homme de science ou un Bouddha, chacun "découvre" la voie par laquelle la nature agit, c'est-à-dire révèle au monde les lois fondamentales de la nature. 
 
     Pour apprécier l’œuvre du Bouddha comparée à celle d’un homme de science, contemplez ce qui suit:La connaissance scientifique que nous avons de nos jours, est l’effort cumulatif de milliers d’hommes de science, chacun faisant progresser la connaissance à son niveau. Comme l’a dit Newton : « J’ai de la chance de me placer sur les épaules de géants pour voir davantage. »
 
     Les hommes de science n’ont pas tous apporté la même contribution. Galilée, Newton et Einstein ont réalisé des « pas géants » en comparaison avec d’autres étapes franchies par des hommes de science d’un niveau inférieur. De nos jours, l’effort cumulé durant des centaines d’années a permis à la science de réaliser une avancée remarquable sur la voie de la compréhension des lois fondamentales en lien avec la matière inerte. Mais, virtuellement, il n’y a pas de progrès dans le domaine de la compréhension de la manière dont le mental fonctionne.
 
     Le Dhamma du Bouddha est l’ultime Grande Théorie Unifiée. Il explique toutes choses, non seulement le parcours de la matière et des êtres vivants que nous voyons, mais aussi l’existence   d’un nombre infini de mondes habités et dans vingt-neuf royaumes d’existence (autre que ceux de l’être humain et des animaux) que nous ne voyons pas.
 
     Le Dhamma du Bouddha n’est pas une religion dans le sens de procurer le salut. Le Bouddha n’était pas un dieu, un prophète ou un messager. Il était un être humain qui a purifié son mental à la perfection au point qu’il pût contempler la totalité de l’existence. Le Bouddha a été le plus grand des hommes de science ; il a investigué le problème de l’existence et y a trouvé la solution complète. Nous avons tous besoin de trouver notre délivrance en suivant la Voie qu’il a tracée pour la purification de notre mental.
 
     Newton n’aurait pas découvert les lois de la gravité si ce n’était les efforts des hommes de science tels que Brahe et Copernic. De même, Einstein n’aurait pas découvert la relativité sans ce qui a été apporté par d’autres hommes de science. La mécanique du Quantum n’aurait pas été découverte en dehors des efforts de multiples hommes de science, lesquels ont progressé à la lumière des réalisations de centaines d’autres hommes de science.
 
Mais le Bouddha a découvert le fonctionnement de l’ensemble des lois de l’existence dans trente et un royaumes desquels la science n’a pas connaissance, et y compris la manière dont la matière inerte agit en eux ainsi que les esprits des êtres habitant ces trente et un royaumes.
 
Nous pourrions dire qu’une intelligence du niveau de Newton et Einstein apparaît à peine une fois de temps en temps au fil des siècles. Mais l’esprit du Bouddha est infiniment plus évolué et il ne se manifeste qu’après des millions d’années pour le bonheur des êtres.
 
Le point de vue du Bouddha concernant l’univers, consistant en d’innombrables « systèmes de monde », n’était pas admis il y a quelques siècles. Mais de nos jours ce n’est plus le cas. Sa déclaration : « il n’y a pas de commencement discernable de la vie », est aussi défendue grâce à des découvertes scientifiques. En ce qui concerne l’une des théories scientifiques évaluées à notre époque, la seule difficulté réside dans l’essai d’appréhender comment un créateur, quel qu’il soit, rivalise avec l’activité cosmique qui, elle, dépasse l’entendement.
 
Dans le Dhamma du Bouddha ; il n’y a pas de cause première (pas de créateur) ; la vie a toujours existé et elle existera toujours. Chaque entité vivante a transmigré dans des existences naissances-renaissances et sans début concevable. Cependant, toute chose dans le « monde autour de nous » est impermanente y compris notre propre univers (un « système majeur de monde » dans le Dhamma du Bouddha).
 
Tout prend naissance, a une existence transitoire et se détériore en fin de compte, y compris notre univers. Les univers, comme toute autre chose, naissent et se décomposent.
 
Si la vie n’a pas de commencement, où la vie a-t-elle existé avant le « big bang » c’est-à-dire avant que notre univers ait existé ? En réalité, la vie, croit-on, a existé très longtemps après. Les gens qui ont vécu il y a un siècle ont tenu les propos du Bouddha sur ce point, uniquement par foi (ou sur la base d’une image globale)-comme décrits par les Quatre Nobles Vérités et le Noble Chemin Octuple. Mais nous avons de la chance que cela soit confirmé par le fait que la science moderne nous donne quelques raisons plutôt convaincantes sur ce que la vie existe à jamais. Examinons la preuve émergente.
 
Déjà au début des années 1900, Lord Kelvin, l’un des plus éminents hommes de science de l’époque, avait estimé que l’âge du soleil était de 40 millions d’années basées sur la contraction gravitationnelle (la structure atomique n’était pas encore connue), et notre connaissance de l’univers était très limitée au seul système solaire. Autrement dit, l’âge de notre « univers connu » était très court et les enseignements du Bouddha sur un Samsara sans début semblaient être un mythe.
 
La prise de position en faveur des enseignements bouddhiques a débuté au commencement des années 1900 avec l’arrivée de la technique du quantum et de la relativité. La découverte de la radioactivité en 1898 par l’explication de l’effet photoélectrique en 1905 a conduit à la théorie du quantum de la structure atomique, laquelle, par conséquent, a abouti à une image correcte de la fusion atomique et comme étant la source de l’énergie solaire. En effet, en 1956, l’âge du système solaire était établi à 4 milliards d’années, et l’âge de l’univers était estimé à environ 14 milliards d’années. Mais « des milliards d’années » ne sont pas synonyme de « temps-sans-commencement ».
 
En 1929, Elwin Hubble a prouvé que les galaxies distantes s’éloignent les unes des autres et de notre galaxie, cette dernière n’étant qu’une parmi d’innombrables galaxies. Cette découverte a été le précurseur de celle selon laquelle il existe 400 milliards de galaxies dans notre univers observable, comme cela est admis de nos jours.
 
Dès le 21ème siècle, il existe une explication crédible sur le début de notre univers. La théorie généralement admise sur le « big bang » est la théorie enflée d’Alan Guth, fascinante à lire. Je vais en citer un point qui étayera ma thèse.
 
Une région de fausse vacuité ne produit pas simplement un univers, mais aussi un nombre infini d’univers. Dans le sac de course cosmique, une infinité d’univers de poche peuvent être achetés pour le prix d’un. Chaque univers de poche subit une histoire de Big Bang, comme nous le croyons au sujet de l’univers observé. Du moment où chaque univers de poche traverse un processus de dilatation, il deviendrait presque complètement plat. Pour une période bien plus longue que 10 à 15 milliards d’années d’histoire de notre univers depuis le big bang, l’évolution de notre univers de poche sera indistinguable d’un univers plat. Finalement, les déviations de l’aplatissement s’accentueront. Des parties de chaque univers de poche s’écraseront au moment où d’autres parties diminueront au point de devenir une masse de petite densité. A très grande échelle, d’un point de vue qui montre tous les univers de poche, l’évolution ressemblera de près au modèle de l’état fixe, ancien, d’univers. Comme les univers de poche mènent leur vie et s’écrasent et diminuent, de nouveaux univers sont générés et prennent leur place. Bien que du point de vue de l’ultime destin, notre univers de poche est plus sujet au scénario « inflationnel » plutôt qu’une simple théorie du big bang, l’univers tout entier se régénère éternellement, en produisant à jamais des univers de poche. Et, alors que la vie sur notre univers de poche mourra vraisemblablement, la vie dans l’univers total croîtra éternellement.
 
     5. C’est un exemple stupéfiant constaté par la science qui rejoint le Dhamma du Bouddha : la vie a toujours existé dans des univers qui ont disparu de longue date, et elle existera à jamais dans de futurs univers.
 
     Il existe plusieurs théories explorées régulièrement dans la mécanique du quantum en rapport avec la cosmologie. Selon l’une d’elles, pour chaque événement possible, il existe un univers. Par conséquent, il doit exister un nombre infini d’univers parallèles. Par exemple, référez-vous à « The beginning of infinity », (le commencement de l’infinité) publié en 2011. D’après toutes ces théories, il existe de multiples univers qui existent toujours.
 
     En tous cas, le Bouddha n’a certainement pas dit laquelle de ces théories est correcte. Il a juste dit que la vie a toujours existé et qu’elle existera toujours ; et que les univers apparaissent et existent pour un temps avant de disparaître.
 
     Analysons maintenant des expériences récentes que certains chercheurs interprètent faussement et en donnant la conclusion qu’il n’existe point de libre arbitre.
                             

 

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