Centre Bouddhique International

Le Bourget - France

 Samadhi Bouddha Statue - Anuradhapura - Sri Lanka  IV-Ve Siècle

LIVRES & ARTICLES

Un bref résumé des Enseignements du Bouddha

LES QUATRE NOBLES VÉRITÉS

Article préparé par le Centre Bouddhique du Bourget

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Le Bouddhisme est-il athée ?

 

L’athéisme est associé à une doctrine matérialiste qui considère que rien n'est plus élevé que ce monde.

 

Le Bouddha a condamné l’injure par laquelle il entendait le déni du culte et du renoncement, le déni des obligations morales et sociales, et le déni d’une vie religieuse. Il a reconnu avec la plus grande insistance l’existence de valeurs morales et spirituelles. Il a acclamé la suprématie de la loi morale. Dans un seul sens, le Bouddhisme peut être décrit comme athée, à savoir, dans la mesure où il nie l’existence d’un Dieu éternel omnipotent ou être divin qui est le créateur et l’ordonnateur du monde. Le mot 'athéisme', cependant, est souvent porteur d'un certain nombre de sens ou d’implications désobligeants qui ne sont en aucun cas applicables à l’enseignement du Bouddha. Ceux qui utilisent le mot 'athéisme', l’associent souvent à une doctrine matérialiste qui ne connaît rien de plus élevé que ce monde des sens et le léger bonheur qu’il peut procurer. Le Bouddhisme ne préconise rien de ce genre.

 

Il n’y a aucune justification pour qualifier les bouddhistes d'athées, de nihilistes, de païens, ou encore de communistes parce qu’ils ne croient pas en un Dieu Créateur. Le concept bouddhique de Dieu est différent de celui des autres religions. Les différences de croyance ne justifient pas les insultes et les paroles diffamatoires.

 

Le Bouddhisme est d’accord avec d’autres religions sur le fait que le vrai bonheur durable ne peut pas être trouvé dans ce monde matériel. Le Bouddha ajoute que le vrai bonheur durable ne peut pas être trouvé non plus dans le plan supérieur ou supramondain de l’existence auquel le nom de monde céleste ou divin est donné. Alors que les valeurs spirituelles préconisées par le Bouddhisme sont orientées vers un état transcendant le monde avec la réalisation de Nibbana, elles ne font pas une séparation entre l’au-delà et le 'ici et maintenant'. Elles ont des racines fermes dans le monde lui-même, car elles visent à la plus haute réalisation dans cette existence présente.

 

Le Bouddhisme est-il pessimiste ?

 

Le Bouddhisme n'est ni pessimiste ni optimiste mais une religion réaliste.

 

Certaines critiques soutiennent que le Bouddhisme est morbide, cynique, planant sur le côté sombre et ombragé de la vie, un ennemi des plaisirs inoffensifs, et un voile sans merci posé sur les joies innocentes de la vie. Ils voient le bouddhisme comme étant pessimiste, comme favorisant une attitude de désespoir à l'égard de la vie, comme encourageant un sentiment vague et général que la douleur et le mal prédominent dans les affaires humaines. Ces critiques fondent leur point de vue sur la Première Noble Vérité que toutes les choses conditionnées sont dans un état de souffrance. Ces personnes semblent avoir oublié que non seulement le Bouddha avait enseigné la cause et la fin de la souffrance, mais qu’il avait aussi enseigné la façon de mettre fin à la souffrance. En tous cas, a-t-il existé un professeur religieux qui a loué cette vie mondaine et qui nous a conseillé de nous y accrocher ?
Si le fondateur de cette religion, le Bouddha, était si pessimiste, on s’attendrait à ce que Sa personnalité soit dépeinte en des termes plus sévères que ce qui a été fait. L’image du Bouddha est la personnification de la Paix, de la Sérénité, de la Confiance et de la Bienveillance. Le sourire magnétique et rayonnant du Bouddha, dit-on impénétrable et énigmatique, est l’incarnation de sa doctrine. Pour les inquiets et les frustrés, Son sourire d’illumination et d’espoir constitue un baume tonique et apaisant.

 

Le Bouddha a rayonné par Son amour et Sa compassion dans toutes les directions. Une telle personne peut difficilement être pessimiste. Et quand les rois et les princes heureux de l’épée l’ont écouté, ils ont réalisé que la seule vraie conquête est la conquête de Soi et que la meilleure façon de gagner le cœur du peuple était de leur apprendre à apprécier le Dhamma : la Vérité.
Le Bouddha cultiva Son sens de l’humour à un tel degré que Ses adversaires amères furent très facilement désarmés. Le plus souvent ils ne pouvaient s’empêcher de rire d’eux-mêmes. Le Bouddha avait un merveilleux caractère. Il nettoya leurs systèmes de toxines dangereuses et ils devinrent enthousiastes par la suite à l'idée de suivre ses traces. Dans ses sermons, ses dialogues et ses discussions, il maintint cet équilibre et cette dignité qui lui valurent le respect et l’affection du peuple. Comment une telle personne peut-elle être pessimiste ?

 

Le Bouddha ne s’attendait jamais à ce que ses disciples ruminent constamment les souffrances de la vie et mènent une existence misérable et malheureuse. Il enseignait le fait de souffrir seulement pour montrer aux gens comment surmonter cette souffrance et aller vers le bonheur. Pour devenir une personne éclairée, il faut être habité de joie, un des facteurs que le Bouddha nous a recommandé de cultiver. La joie n’est guère pessimiste.

 

Il existe deux textes bouddhiques appelés le Theragatha et le Therigatha qui sont pleins de déclarations joyeuses des disciples du Bouddha, à la fois masculins et féminins, qui ont trouvé la paix et le bonheur dans la vie par Son enseignement. Le roi de Kosala dit un jour au Bouddha que, contrairement à beaucoup de disciples d’autres systèmes religieux qui semblaient hagards, grossiers, pâles, émaciés et peu en possession de leurs moyens, Ses disciples étaient «joyeux et exaltés, jubilants et exultants, jouissant de la vie spirituelle, sereins, paisibles et vivant avec l’esprit d’une gazelle, le cœur léger. Le roi ajouta qu’il croyait que cette saine disposition était due au fait que «ces vénérables avaient certainement réalisé la grande et pleine signification des enseignements de l’Eveillé» (Majjhima Nikaya).

 

Lorsqu’on lui demanda pourquoi ses disciples, qui vivaient une vie simple et tranquille avec un seul repas par jour, étaient si radieux, le Bouddha répondit : «Ils ne se repentent pas du passé, ils ne ruminent pas l’avenir. Ils vivent dans le présent. Ils sont donc rayonnants. En ruminant le futur et en se repentant du passé, les fous s’assèchent comme des roseaux verts coupés [au soleil]" (Samyutta Nikaya).

 

En tant que religion, le Bouddhisme prêche la nature insatisfaisante de toutes choses de ce monde. Mais on ne peut pas simplement qualifier le Bouddhisme de religion pessimiste, car il nous enseigne aussi comment nous libérer de ce malheur. Selon le Bouddha, même le pire pécheur, après avoir payé pour ce qu’il a fait, peut atteindre la délivrance. Le Bouddhisme offre à chaque être humain l’espoir d’atteindre son salut un jour. D’autres religions, cependant, tiennent pour acquis que certaines personnes seront mauvaises pour toujours et auront droit à un enfer éternel les attendant. À cet égard, ces religions sont plus pessimistes. Les Bouddhistes nient une telle croyance.

 

Le Bouddhisme n’est ni optimiste ni pessimiste. Il n’encourage pas l’homme à poser un regard sur le monde à travers ses sentiments changeants d’optimisme et de pessimisme. Au contraire, le Bouddhisme nous encourage à être réalistes : nous devons apprendre à voir les choses telles qu’elles sont réellement.

 

 

Ven.K.Sri Dhammananda Nayaka Thera

 

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